ECPAT-France Madagascar s’est tourné vers l’OSCAPE pour mettre en place le programme MIRALENTA à Antsirabe. Dans le sens de ses missions de connexion, formation et information, l’OSCAPE est l’intermédiaire de référence afin de pouvoir développer et diffuser des projets de renforcement de la société civile. Grossesses précoces, tourisme sexuel, exploitation sexuelle, violences basées sur le genre … autant de sujets, de luttes menées par notre partenaire ECPAT-France Madagascar.

Les Violences Basées sur le Genre c’est quoi ?

Toutes formes de violences, physiques, psychologiques, sociales, sociétales, économiques ou encore sexuelles, qui visent filles et femmes en raison de leur genre. Ces violences sont perpétrées dans nos sociétés patriarcales où l’oppression des femmes et la réduction à leur corps font de nombreux dégâts : mise à l’écart, déni des cycles menstruels, grossesses précoces et non-désirées, prostitution juvénile, abus, coups, viols, morts …

A Madagascar ces violences sont non seulement présentes mais aussi normalisées. Dès leur plus jeune âge, filles et garçons sont quotidiennement témoins de scènes de maltraitances physique, psychologique et d’exploitation sexuelle, le tourisme sexuel est notamment un combat majeur de la Grande Île. Les enfants les intègrent et trop souvent, les reproduisent en grandissant. Suite à ce constat, ECPAT-France Madagascar a décidé de mettre les populations au cœur de ses programmes. Elles n’en sont pas seulement bénéficiaires : elles en sont les actrices.

Miralenta c’est quoi ?

Miralenta est un projet qui vise à rendre chaque citoyen, chaque individu, du collège à la retraite, un.e militant.e  et ambassadeur.rice contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Pour se faire, l’équipe de l’OSCAPE a lancé un appel à participation auprès de ses associations membres. Les volontaires étaient nombreux ! En collaboration avec l’enseignement public et avec l’appui de l’équipe technique de l’OSCAPE, chacun s’est vu attribué la mission de créer des groupes d’enfants et de lycéens, d’hommes et de communautés de quartiers

Ces groupes seront des lieux de débats, de partage et d’apprentissage sur différents points qui mènent à ces violences :

  • Stéréotypes de genre,
  • Sexualité,
  • Consentement et oppression,
  • Violences basées sur le genre,
  • Relations saines vs relations toxiques,
  • Nouvelle masculinité,
  • Etc…

Les éducateurs de nos associations ont eu l’occasion de suivre des formations sur ces différentes thématiques ainsi que sur les techniques d’animations à destination des jeunes et des adultes. En effet, on ne s’adresse pas à ces publics de la même façon : les adultes ont souvent des idées bien ancrées dans leurs esprits et les jeunes disposent d’une énergie qu’il faut parfois canaliser. C’est donc équipés de bagages de connaissances et de pratiques que les éducateurs ont commencé à réunir et animer ces groupes de citoyens, déjà acteurs de changements.

A l’heure où je vous parle, la majorité des groupes en sont à leur quatrième séance. Les premiers retours des animateurs sont unanimes : il y a du pain sur la planche ! Beaucoup ont entendu des propos durs sur la place des hommes et des femmes dans la société.

Mais il y a aussi du positif : en étant présents à chacune des séances, en exposant leurs idées, les participants font preuves de leur implication citoyenne et militante. C’est justement la raison d’être de ce projet et pourquoi il a une importance majeure.

Un projet ancré dans son époque 

Le lancement de MIRALENTA fait écho à la formation de Santé Reproductive des Adolescents organisée il y a quelques semaines. La récurrence de cette thématique montre une prise de conscience des travailleurs sociaux et de la société : les langues se délient, les tabous sont peu à peu abordés, on ose regarder certaines réalités. Ne plus supporter l’insupportable, ne plus accepter l’inacceptable, que chacun et chacune puisse vivre dignement indépendamment de son genre : c’est le combat que nous menons ici.

Ces formations devraient courir jusqu’au mois d’avril, si le contexte sanitaire le permet. Nous vous donnerons des nouvelles de nos groupes d’ici-là.

N’hésitez pas à soutenir l’OSCAPE afin que nous puissions continuer à mener des projets nécessaires comme celui-ci.