Historique

Le Constat

Le Rapport sur le Développement Humain en Afrique (RDHA) 2016 du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) classe pour l’année 2015, Madagascar au 154e/187 rang mondial en termes d’évolution du développement humain, avec un Indice de Développement Humain (IDH) de 0,510.

Environ 70% des ménages et 80% des enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté et n’ont donc pas accès aux besoins les plus fondamentaux comme la santé, l’eau potable, la nourriture, le logement ou encore l’éducation.

Selon le Rapport 2018 de l’UNICEF « Défis et opportunités des enfants à Madagascar », les données concernant les Objectifs de Développement Durable sont alarmantes :

  • Pauvreté : plus de trois enfants sur quatre sont pauvres (près de 8,6 millions d’enfants).
  • Faim « zéro »: 47% des enfants de moins de 5 ans sont en retard de croissance. Madagascar est le 5ème pays le plus touché par la malnutrition chronique dans le monde
  • Bonne santé et bien-être : La mortalité néonatale représente 42% des décès des moins de 5 ans.
  • Éducation de qualité : Le taux de scolarisation a chuté de 83% en 2005 à 69% en 2012. 905,000 enfants âgés de 6 à 10 ans ne vont pas à l’école.
  • Égalité entre les sexes : 41% des filles âgées de 20-24 ans sont mariées ou en union avant 18 ans.
  • Travail décent et croissance économique : 28% des enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent.
  • Inégalités réduites : 15% des filles âgées de 10 à 14 ans sont victimes de violence physique

 

La ville d’Antsirabe, située dans les Hautes Terres, est la troisième plus grande ville du pays en termes de population, avec 260.000 habitants. Bien que les enfants vulnérables soient moins visibles que dans la capitale Antananarivo, le nombre d’enfants en situation d’exclusion reste très élevé et va en augmentant.  D’autant plus que  la crise politique de 2009 a eu un impact important sur l’organisation des institutions locales. Les ministères, la région, les organes de justice et la commune ont été bouleversés dans leur fonctionnement interne via la nomination de nouveaux responsables et la restructuration des divers services. Dans ce contexte d’instabilité politique, les acteurs de la société civile se sont retrouvés isolés et fragilisés. Pourtant, les initiatives pour améliorer les conditions de vie de ces enfants ne manquent pas. En effet, la ville des Hautes terres compte plus d’une trentaine d’associations agissant au niveau de l’enfance en danger. Cependant, ces associations sont souvent petites, déstructurées, manquent d’expertise tout comme de moyens techniques et financiers.

C’est pourquoi il a paru nécessaire  de réunir les divers acteurs de la Société Civile autour d’une structure qui favoriserait une mutualisation des expériences et un renforcement des capacités locales. C’est ainsi qu’est née l’idée de l’OSCAPE.

Les bureaux du Réseau OSCAPE se trouvent actuellement dans le quartier d’Ampatana, connu pour être un des plus défavorisés de la ville d’Antsirabe. Quant aux associations membres, elles sont réparties géographiquement aux quatre coins de la ville, en particulier dans des zones prioritaires (Ambohimena, Atsongo, Mahazina, etc.).