Une fois n’est pas coutume en cette période hivernale, il fait plutôt beau ce matin au lac d’Andraikiba où l’équipe de l’OSCAPE se retrouve pour effectuer un « suivi du reboisement ». Pour rappel, la 3ème édition du reboisement avait eu lieu le 19 Janvier 2019 avec pour objectif de sensibiliser et conscientiser les enfants sur la protection de l’environnement et sur l’importance du reboisement.

6 mois plus tard, on retrouve donc l’équipe de Cœur de Forêt (CdF), présente depuis une heure bien matinale, venue baliser et préparer le terrain pour observer comment nos petites plantules se sont développées pendant le semestre. Les jeunes de TGT sont également présents et plus motivés que jamais pour sensibiliser et divertir les enfants des associations. C’est donc une petite cinquantaine d’enfants et d’éducateurs en compagnie des équipes de CdF et de l’OSCAPE qui se réunissent ce matin au bord du lac. Au programme : jeux en compagnie des Tanora Garan’Teen, séance de sensibilisation et de rattrapage des différentes espèces plantées, puis mesure et dénombrement des plants qui ont survécu aux dégradations, à la météo et à la pollution des déchets. 

    Après les traditionnels jeux pour finir de se réveiller et se réchauffer les muscles, nos jeunes passent aux choses sérieuses : la sensibilisation. Les enfants s’assoient donc en groupe en compagnie des éducateurs et sont toute ouïe pour la leçon qui va suivre. Au menu :

    • Quelles sont les activités humaines qui mettent en danger la forêt ?
    • Les étapes à suivre pour planter un arbre
    • Le cycle de pousse d’un arbre
    • Comment effectuer le suivi d’un reboisement (mesures, comptage des plants…) ?
    • Quels sont les bienfaits d’une nature développée et protégée ?
    • Comment classifier les différentes espèces d’arbres ?
    • Les différents types de forêts présents à Madagascar

    Bref, de quoi faire de nos jeunes des champions de la protection de l’environnement.

    Il est maintenant de passer à la suite des activités prévues pour la journée : le suivi du reboisement en soit. C’est-à-dire, compter, mesurer et observer l’évolution des plantuless. Les participants papillonnent donc de plant en plant pour les mesurer sous toutes leurs coutures et récolter suffisamment de données afin d’avoir un échantillon représentatif de la parcelle. Ainsi, si la plupart des plants sont en pleine forme, il est cependant constaté un taux de mortalité de 19 % mais cela ne prend pas en compte la quantité de plantules arrachées suite à leur plantation sur la partie haute de la zone. Malheureusement, on estime qu’un grand nombre de plantule a disparu. Qu’à cela ne tienne, les plants restant se portent comme un charme (jeu de mots forestier) et les rivages d’Andraikiba s’annoncent toujours aussi verdoyant dans les années à venir.

    Il est bien connu que la vie en pleine air creuse l’appétit, mais une dernière activité est prévue pour les jeunes avant de passer au repas que tout le monde attend avec impatience ! Histoire de vérifier une dernière fois que tout le monde est au point sur la protection de l’environnement et pourquoi celle-ci est vitale aujourd’hui, un quizz est proposé aux participants, saurez-vous y répondre ?  :

    • Quelle est la partie de la plante qui fait la photosynthèse ?
    • Qu’est-ce qu’il faut faire pour ne plus utiliser le charbon ?
    • Quel est le rôle des animaux dans la protection de l’environnement ?
    • Vrai ou faux : l’arbre fait de la photosynthèse
    • Quels sont les types d’arbres qui ne poussent qu’à Madagascar ?
    • Vrai ou faux : faut-il toujours enlever l’emballage des plantules avant de les planter ?
    • Si on coupe un arbre, combien devait-on planter ?

    Sont autant de questions auxquels les membres des associations ont brillamment répondu. Si j’étais vous, je ne me ferais pas trop de souci pour l’avenir de la planète, il est entre de bonnes mains.

    L’heure tant attendue du repas sonne enfin et nous prenons tous une pause bien méritée dans la douceur du lac d’Andraikiba. Les enfants rigolent, font le point sur ce qu’ils ont vu ce matin en compagnie de leurs éducateurs et s’empiffrent de sandwichs faits maison. Mais pas de repos pour les braves, une dernière activité est prévue avant que l’on se sépare. Afin que chacun emporte avec lui un petit souvenir de cette journée, les enfants ont apporté avec eux des graines de soja, de tomate et d’haricot qu’ils ont planté dans un petit pot en plastique avec un peu de terre prélevée sur les lieux. Une façon de garder en mémoire ce qu’ils ont réalisé aujourd’hui et il y a 6 mois, ainsi que de contribuer à rendre le monde un endroit un peu plus vert.

    Parmi les espèces plantées, on retrouve :

    Eucalyptus citriodora : Grand arbre de 50 mètres de haut dont le feuillage dégage une odeur citronnée. Son écorce est fibreuse, grise ou gris brun se détachant en longs rubans. Les petites branches sont de couleur verte. Les feuilles sont vertes, concolores, étroites, lancéolées, terminées en pointe et mesurent 7 à 15 centimètres de long sur 0,7 à 1,5 de large. Elles dégagent une odeur de menthe poivrée lorsqu’elles sont malaxées. Les fleurs sont regroupées par 11 à 20. Elles apparaissent en été (octobre à janvier) et sont de couleur jaune crème. Il doit son nom à la forte odeur de citron que dégage son feuillage.

    Dodonaea madagascariensis : (“Tsitoavina” en malgache) est un arbuste à feuilles persistantes de taille variable, pouvant aller jusqu’à 8 mètres de hauteur. Le Tsitoavina se trouve dans les terrains broussailleux, les montagnes, les sols rocheux ou pauvres. Il tolère de longues périodes de sécheresse et ne nécessite pas une alimentation ni un entretien soutenu. C’est un arbuste de forte croissance et robuste, avec une excellente capacité de régénération des sols appauvris et de lutte contre l’érosion.

    Jacaranda : Le genre Jacaranda comprend une cinquantaine d’espèces toutes originaires d’Amérique du Sud et notamment du Paraguay, de l’Uruguay, du sud du Brésil et d’Argentine. Ces arbres moyens à grands, caducs ou persistants appartiennent à la famille des Bignoniacées et portent des fleurs en trompette mauves, blanches ou pourpres. Les feuilles possèdent des folioles très fins bipennées ce qui leur donne l’aspect léger d’une fronde de fougère. Le flamboyant bleu (Jacaranda mimosifolia) est l’espèce la plus connue

    Acacia mangium : Riche en protéines, elle vit généralement sur des sols acides et particulièrement pauvres qu’elle supporte très bien. Cette espèce pionnière, exigeante en lumière, peut atteindre 20m de haut. Le système racinaire est vigoureux et traçant : c’est une espèce cultivée pour l’amélioration des sols (jachère améliorée) et la lutte contre l’érosion. Elle est également un coupe-feu à mettre entre les parcelles. Espèce à croissance rapide, tropicale de zone humide et chaude elle s’adapte néanmoins à des conditions climatiques très diverses.