Pourquoi un Programme de plaidoyer pour la protection de l’enfance vulnérable de Madagascar ?

Loin de l’image de ses plages de cartes postales, la vie à Madagascar est loin de ses représentations de paradis tropical. En effet l’île de l’océan Indien, est un des pays les plus pauvres du monde où le respect des droits de l’homme et de l’enfant sont encore fragiles et lacunaires.

Contexte socio-économique de Madagascar

Malgré, les efforts entrepris par les autorités publiques, la situation ne va pas en s’arrangeant.

Madagascar a encore du mal à se relever des répercussions de la crise politique de 2009 qui a conduit notamment à la suspension de la majorité des aides étrangères. Cette crise s’est notamment traduite par un recul de la classification du pays dans l’Indice de Développement Humain (IDH) dont le rang a régressé de la 149ème position sur 162 pays en 2010 au 157ème rang sur188 pays en 2015, pour un IDH de 0,510 aujourd’hui.

Plus concrètement, environ 70% des ménages et 80% des enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté. Environ 93 % de ces populations vulnérables vivent avec moins de deux dollars par jour et 55 % de la population vit dans l’extrême pauvreté et doivent donc quotidiennement survivre au quotidien. La pauvreté est multiforme et s’observe par l’extrême difficulté des populations vulnérables à accéder aux besoins les plus fondamentaux comme la santé, l’eau potable, la nourriture, le logement ou encore l’éducation.

Cette situation ne va pas en s’arrangeant et s’aggrave à des stades dramatiques lors des catastrophes naturelles. En effet, Madagascar fait partie des six pays du monde les plus vulnérables au changement climatique. L’île est souvent sujette au séisme, cyclone, inondation et à la sécheresse. Ces perturbations climatiques contribuent à renforcer la vulnérabilité des familles les plus pauvres, et de leurs enfants, qui sont les moins protégés de l’île.

Cette pauvreté est particulièrement présente en milieu rural, où vit près de 70 % de la population, la plupart dans des zones marginalisées et enclavées, dépourvues d’infrastructures de base (accès à l’eau potable, à l’assainissement, aux écoles, etc.).

Pauvreté

Le retard de développement de Madagascar s’observe quotidiennement auprès des populations, et tout particulièrement, auprès des plus vulnérables comme les enfants.

Ces derniers sont les premières victimes d’une pauvreté violente et multiforme.

L’UNICEF estimait en 2012 que 82% des moins de 18 ans vivaient sous le seuil de pauvreté.

Education

Sur le plan de l’éducation, selon le Rapport 2013 de l’UNICEF de Madagascar, 1,5 million d’enfants malgaches sont hors de 
l’école, soit environ 1 enfant sur 4 et seuls 3 enfants sur 10 qui commencent l’école primaire achèvent le cycle complet et moins de 10 pour cent des jeunes enfants seulement sont inscrits en classe préscolaire. Les zones rurales sont les plus touchées par la difficultés d’accès à l’éducation.

Et pour cause, le budget pour l’éducation ayant été réduit, l’école manque donc de financements, d’instituteurs et de personnels qualifiés ainsi que de places.

Santé

Les investissements en santé sont faibles, les premières victimes de ce retard sont les enfants.

A Madagascar, le système de santé montre rapidement ses limites. Les soins de santé sont coûteux et peu de malgaches bénéficient d’une couverture maladie. Outre, le problème lié au coût, le personnel médical, les médicaments ainsi que les fournitures médicales sont limités sur l’île. La crise de 2009 a conduit à la baisse du budget de santé et de nombreux centres de santé durent fermés par manque de financements.

Le taux de vaccination est également faible chez les enfants. Bien que les vaccins soient gratuits pour les nourrissons, certains enfants ne se font pas vaccinés car isolés géographiquement (enfants nés ou vivants en brousse), par manque d’information des parents, par absence de centre de santé ou par simple rupture des stocks de vaccins.

Nutrition

Sur le plan alimentaire, des millions de malgaches vivent sous l’insécurité alimentaire, et particulièrement les enfants en bas âge qui sont totalement dépendants de leur environnement familial. Madagascar est classé au 5e rang des pays d’Afrique ayant le pire niveau d’accès à l’eau et l’un des 6 pays au monde le plus touché par la malnutrition. En effet, la moitié des enfants Malgaches de moins de 5 ans souffrent de malnutrition endémique et chronique, 24 % d’entre eux ont moins de 6 mois.

Accès à l'eau

Les maladies diarrhéiques liées à l’insalubrité et à l’eau non potable sont également très fréquentes L’accès à l’eau et à la nourriture est un problème sanitaire majeure sur l’île, pourtant sur le plan médical, les infrastructures sanitaires manquent cruellement. La crise politique de 2009 ayant entrainé la fermeture de plusieurs centres de soins, qui n’ont toujours pas ré-ouverts aujourd’hui. Tout particulièrement en milieu rural où les déserts médicaux sont fréquent mais où vivent pourtant 70% de la population malgache,

Abus sexuels

Les abus sexuel et la prostitution des mineurs (exploitation sexuelle commerciale et tourisme sexuel) sont fortement présents sur l’île. Bien qu’illégal, le système judiciaire n’arrive pas à réguler et sanctionner les auteurs et prend très faiblement en charge les soins et les traitements des victimes.

Ostracisme

Les croyances et les traditions, tout particulièrement en zone reculée, attribue à l’enfant dans la société malgache une très faiblement considération, et par conséquent, une protection fragile. Le système de protection légale mis en place par les autorités tente de pallier à ce problème mais rencontre plus dysfonctionnements qui empêchent de protéger efficacement les enfants des différents types d’abus dont ils sont victimes, notamment vis à vis du travail et de la prostitution.

Le système de protection de l’enfant à Madagascar se heurte à des croyances traditionnelles qui minimisent le statut des enfants dans la société. Il est également confronté à un système judiciaire dysfonctionnel avec une surveillance gouvernementale faible qui ne garantit pas suffisamment les droits des enfants.

Comment Agissons–Nous ?

Le Réseau OSCAPE s’est fondé par l’envie de rassembler tous les acteurs oeuvrant pour l’enfance sur Antsirabe autour d’une même table afin de diaologuer et créer des projets ensemble pour améliorer le quotidien des enfants vulnérables de la ville.

Bien que le plaidoyer ne soit pas une activité encore très courante à Madagascar, le Réseau OSCAPE a jugé indispensable de créer, à coté de ses activités terrains, une activité favorisant la réfléxion et le dialogue autour du thème de l’enfance vulnérable.

Inauguré en Juin 2017, le programme de plaidoyer du Réseau OSCAPE vise à :

  • Encourager la réflexion et le dialogue sur les politiques touchant à l’enfance.
  • Sensibiliser le grand public à l’enfance vulnérable.
  • Améliorer l’accès à l’information sur l’enfance vulnérable.
  • Renforcer l’influence et la visibilité des associations membres du Réseau OSCAPE.
Les activités du programme

Organisation de tables rondes

Organisation de conférences

Ateliers débats

Forum des associations

Campagne de sensibilisation (exposition photos, vidéos etc.)

Actualités Plaidoyer

Grand Forum des associations membres du Réseau OSCAPE
Atelier sur l’enfance des rues
Les dispositifs de lutte contre les agressions sexuelles des mineurs – Réunion d’information du Réseau SAHAZA
Atelier dessin