Plan de relogement d'une famille des rues - Association Manorina

Le Lundi 12 Juin 2017 à Antsirabe, la vie d’une famille a été bouleversée à jamais.

Ce Lundi est désormais une date historique pour l’association Manorina, association membre du Réseau OSCAPE. En effet, pour la première fois l’association Manorina a réussi à sortir une famille de la rue en l’aidant à trouver un emploi et à accéder à un logement stable.

L’association Manorina, association chrétienne dont la mission est de venir en aide aux enfants et mères isolées vivant dans les rues d’Antsirabe, propose aux femmes démunies des formations professionnelles afin de les aider à se réinsérer. Les enfants sont également accueillis de jour et peuvent s’inscrire aux enseignements dispensés aux enfants de classe de primaire.

La mission de Manorina est d’aider ces personnes souvent exclues et marginalisées à se réinsérer et à devenir complément autonome et indépendant financièrement. Cependant, c’est la première fois que l’association réussit un tel exploit en sortant une famille complètement de la rue. Et pas n’importe quelle famille !

Cette famille de bénéficiaire fréquente l’association depuis la création de l’association. Et pour cause, cette mère isolée avait la charge de 4 enfants âgés de 1 à 11 dont l’un présentait un début d’handicape, vivait dans la rue depuis plusieurs mois déjà. Un mari absent et violent, ont eu raison de cette famille qui a du prendre refuge dans les rues d’Antsirabe avant d’être accueillie et aidée par l’association Manorina. Le récit touchant de cette mère et tout particulièrement de l’enfant présentant de graves problèmes de santé a émue la directrice de l’association, qui lors de la création de l’association a décidé d’utiliser le portrait de cet enfant comme emblème de l’association. Aujourd’hui un an environ après la création de l’association Manorina, cette première famille de bénéficiaire est la première à sortir de la situation de rue. Cette famille peut aujourd’hui retrouver ses rêvés et espérer un avenir meilleur à cette mère-courage mais surtout à ses 4 petits bouts de chou.

Le Centre d'Hébergement Temporaire de l'association Grandir à Antsirabe

Du lundi au samedi, le Centre d’Hébergement Temporaire met en place des activités à la fois culturelles et éducatives pour les enfants présents. En effet, les enfants qui y passent ne viennent pas uniquement pour manger et dormir ; ils viennent aussi et surtout pour profiter d’activités ludiques et éducatives. Chaque activité dure à peu près 1h30 et commence à partir de 18h30, lorsque les enfants se sont bien préparés (douche, petite lessive, aide au repas).

Voici un aperçu du programme :

  • Lundi : Grande lessive et activité libre : les enfants participent à la grande lessive afin qu’ils puissent se responsabiliser quant à l’entretien de leur hygiène. Les activités libres leur permettent d’étendre leur capacité de décision.
  • Mardi : Apprentissage scolaire, lecture et conte : les enfants de la rue n’ont pas accès à l’éducation, c’est pour cela que le CHT a mis en place un programme d’apprentissage pour initier ou réviser des connaissances : l’écriture, le calcul et la lecture.
  • Mercredi : Créativité, travail manuel, danse (dernier mercredi du mois) : la créativité aide les enfants dans le développement de leur imagination, la danse leur permet d’exprimer leurs émotions, le travail manuel les aide à la concentration, à développer leur patience et leur motivation.
  • Jeudi : dessin et coloriage, jeux de société, causerie (dernier jeudi du mois) : ces activités permettent de développer leurs capacités intellectuelles, d’apprendre à travailler en équipe mais aussi à respecter les autres dans les échanges verbaux pour permettre aux enfants d’acquérir les bons comportements.
  • Vendredi : informatique, partage en groupe : les enfants doivent s’adapter a l’environnement actuel, notamment sur le développement numérique. Découvrir et s’initier à l’ordinateur leur permettront d’élargir bientôt leur connaissance sur l’ordinateur. Le partage en groupe renforce les échanges, l’écoute et l’expression.
  • Samedi : dessin animé/TV, activités sportives : c’est un moment de divertissement en passant un message éducatif, l’occasion pour apprendre le français mais aussi développer leur imagination. L’activité sportive favorise le bien être du corps et l’expression de l’émotion.

Des activités ponctuelles peuvent s’ajouter au programme, comme la musique pendant le mois de Juillet qui permet de découvrir des talents, de développer la coordination et le rythme mais aussi de se divertir.

La santé des enfants du CHT est assurée par le docteur de l’association d’Aromathérapie Sans Frontières qui se rend au CHT deux fois par semaine pour faire un suivi.

Pour en savoir + : CHT – Grandir à Antsirabe

Article écrit par Franco Mahery, association Grandir à Antsirabe.

Construction de l'école de l'ONG Mahasoa

Lundi 4 Septembre, nous sommes allées à la rencontre de Maxime, fondateur et coordinateur de l’association Mahasoa, membre du Réseau OSCAPE. Cette association a pour objectif de scolariser gratuitement les enfants du village reculé d’Andrefan’Ivohitra (à la périphérie d’Antsirabe). En effet, après avoir réalisé une enquête auprès de la population, il s’est avéré que beaucoup d’enfants du village n’avaient pas accès à l’éducation et que d’autres devaient parcourir de grande distance pour rejoindre des établissements scolaires toujours payants.

Maxime BLANC est à Madagascar depuis huit ans. Auparavant porteur de plusieurs projets humanitaires, il avait déjà créé une école. L’équipe de l’ONG Mahasoa se connaît car ses membres avaient déjà travaillé ensemble. La rencontre de Maxime avec Marie-Ange, propriétaire du terrain, fut quant à elle un heureux coup du sort car elle a permis de trouver un terrain assez grand (4000 m2) pour la construction de l’école.

L’ONG Mahasoa a été fondée en juillet 2017, son premier défi est la construction de l’école. Le chantier a débuté très rapidement et l’équipe éducative espère être en mesure d’ouvrir ses portes lors de la rentré 2017/2018 en octobre. Pour Maxime, l’école est le fondement de la vie d’un enfant. Il est donc important que ceux qui n’y ont pas accès puissent y aller. L’association veut rendre les enfants joyeux, les ramener à leur état d’enfant sans être obligé de faire face à tous les problèmes familiaux, économiques… qu’ils traversent dans leur quotidien.

L’ONG Mahasoa donne la priorité dans son école aux enfants non scolarisés mais aussi aux enfants en situation de handicap afin d’améliorer leur intégration dans la société et auprès des autres enfants. Afin de connaître les enfants non scolarisés, il a fallu faire un travail avec le Fokontany, visiter les familles avec les assistantes sociales et aller à la rencontre de ces familles. Parfois les enfants et leurs parents sont venus d’eux-mêmes pour avoir des informations sur les modalités d’inscriptions qui sont assez simples.

Tous les enfants en situation de handicapes sont pris en charge par l’association et inscrit d’office dans l’école. Pour les enfants non scolarisés, cela dépend de la situation des familles.

L’établissement est considéré comme une école privée d’ONG. Elle est rattachée au ministère de l’éducation. Le programme scolaire est identique au programme officiel malagasy cependant, tous les enfants de l’école apprendront à lire en braille (et langue des signes ?).

Prendre en charge la sécurité entière et totale des enfants est un point primordial pour les membres de l’association. Pour le moment, l’ONG se focalise sur la sécurité alimentaire avec la mise en place d’une cantine scolaire, cependant dans l’idéal, elle aimerait pouvoir proposer aux enfants des visites médicales et pouvoir envoyer les enfants se faire soigner dans des établissement partenaires.

La construction de l’école a commencé en juillet.

Le projet ne se décrit pas seulement par la construction et la mise en place d’une école.  Il sera proposé aux enfants des activités parascolaires, jeux, sports, vacances à la mer. L’emploi du temps sera divisé en deux temps, le matin consacré aux cours et l’après-midi qui sera réservé aux autres animations mises en place dans l’école.

Le terrain qui est très grand sera utilisé pour que les enfants puissent jouer bien qu’aucun terrassement ne soit envisagé, il y aura des zones définies les jeux, les activités sportives…Un espace sera laissé pour le potager. En effet chaque élève apprendra à le gérer et celui-ci aidera à l’auto financement de l’ONG Mahasoa.

Le chantier de l’école a débuté pendant les vacances. A la rentrée, il y aura trois salles de classes de construites. L’école aimerait accueillir environ 70 enfants de la classe de CP au CM1. La capacité de l’école augmentera chaque année car la construction sera prolongée d’année en année.

Du côté des effectifs du personnel, il faudra compter sept ou huit personnes en tout. Il y aura trois professeurs titulaires (dont la directrice), un éducateur pour les enfants handicapés, une assistante sociale et des bénévoles. Dans le meilleur des cas, les fondateurs du projet envisagent d’avoir deux adultes par classe.

Le projet devrait être pérenne grâce à l’implication des familles, des enfants mais aussi du Fokontany du quartier et des activités génératrices de revenus (potager). A part cela, l’association est aidée par des parrainages, le travail des parents d’élèves qui aident volontiers, l’accueil des bénévoles, les donateurs particuliers, les financements permanents et les retours des bénévoles qui deviennent parrains ou donateurs.

Sur le long terme, l’association voudrait s’agrandir pour fonder un collège et ainsi pouvoir travailler sur l’orientation professionnelle des jeunes. Leur montrer la diversité professionnelle qu’il existe à Madagascar et dont ils ne sont pas forcément au courant.

L’école Mahasoa ouvrira ses portes dans un mois, plus qu’une école, il ouvre des opportunités et un avenir meilleur aux enfants isolés du village d’Andrefan’Ivohitra. Le Réseau OSCAPE leur souhaite bon courage dans la réalisation de ce beau projet.